auklm

Charte des données auklm

Version 1.3, 16 octobre 2026.

Chaque engagement ci-dessous est tenu par le produit aujourd'hui, et vérifié par un test quand il peut l'être. Elle sert autant de spécification que de promesse : ce qu'elle dit est ce que le produit doit faire.

Inspirée des sept principes de Data Feminism de Catherine D'Ignazio et Lauren Klein (MIT Press, édition en accès libre), appliqués à notre cas particulier : une app où la personne dont on parle n'est pas toujours celle qui l'utilise.

auklm ne demande son genre à personne. La première question est « qui a ses règles, chez vous ? », et tout ce qui suit en découle. Dans cette charte, on dit « la personne qui a ses règles » et « la personne qui la suit », parce que ce sont les deux rôles, et qu'ils ne désignent personne d'avance.


En deux phrases

auklm fait passer des informations sur le corps de quelqu'un vers la personne qui partage sa vie. C'est utile, et c'est exactement pour ça que ça demande des règles écrites.

Cette charte dit ce qu'on fait de ces données, ce qu'on ne fait pas, et ce qu'on s'engage à ne jamais faire. Elle évoluera, mais ne reculera pas.

Nos principes

1. Regarder qui a le pouvoir ici

Une app n'est jamais neutre, et celle-ci moins qu'une autre. Elle donne à quelqu'un une lecture du corps d'une autre personne, parfois à partir d'informations que cette personne n'a pas saisies elle-même. À chaque décision produit, on se demande ce que ça donne comme pouvoir, à qui, et ce qu'en penserait celle dont c'est le cycle si elle regardait par dessus l'épaule.

Ce n'est pas une question théorique, c'est notre test de relecture pour chaque phrase écrite dans l'app.

2. Le cycle de quelqu'un d'autre ne t'appartient pas

Si tu notes les dates de quelqu'un, c'est pour comprendre, pas pour surveiller.

La personne dont c'est le cycle peut rejoindre à tout moment, voir exactement ce qui est lu d'elle, corriger, et couper le lien seule, sans l'accord de personne. Rien ne part d'elle sans qu'elle l'ait envoyé. On ne déduit rien de son silence.

Avant même d'inviter, l'app montre mot pour mot ce que l'autre verra. Un consentement qu'on peut lire vaut mieux qu'un consentement qu'on coche.

3. On mesure tes gestes, jamais la personne

Pas de note du couple, pas de jauge de complicité, pas de score sur l'humeur ou la disponibilité de quiconque. Ta progression ne dépend que de ce que tu fais, toi.

La règle vaut dans les deux sens. Le journal où elle relit ce qu'elle a noté ne porte ni compteur ni série : se relire n'est pas une performance.

Cette règle n'est pas décorative : elle a déjà tué une fonctionnalité chez nous.

4. Quand une seule personne est là

Les deux cas existent, et on ne les traite pas pareil.

Elle note seule, personne ne lit. C'est la façon la plus courante de commencer, et l'app le dit à l'écran : tant que personne n'a rejoint, le bouton dit « noter » et non « envoyer », et la phrase sous la question dit que personne ne le voit. Ce qu'elle écrit pendant ce temps lui appartient, se relit, et ne part nulle part. L'app lui propose d'inviter quand il y a de quoi montrer, pas le jour de l'inscription.

Quelqu'un suit sans qu'elle ait rejoint. On ne l'interdit pas : exiger qu'elle installe une app pour que l'autre comprenne son cycle ferait surtout qu'il ne comprendrait rien.

Ce qu'on garantit à la place. Non liée, auklm ne traite que ce que la personne savait déjà : elle saisit une date qu'elle connaît, on la met en forme. Tout ce qui vient de l'autre, son état, ses mots, ses corrections, exige son compte à elle et un geste de sa part. L'app n'apprend rien sur elle qu'elle n'ait donné.

Ce qu'on assume : à partir d'une date, on projette des phases. C'est du savoir déduit, pas du savoir volé, et on le présente toujours comme une estimation.

Nos engagements sur ce point :

  • on le dit au moment de la saisie des dates, pas dans les conditions d'utilisation
  • si elle rejoint, elle voit ce que l'app raconte d'elle, y compris ce qui en est lu aujourd'hui
  • le mode non lié n'est jamais présenté comme un avantage
  • on refuse pour toujours toute fonctionnalité qui aide à cacher l'app, tout contenu qui suggère qu'elle ne devrait pas savoir, toute notification formulée pour passer inaperçue

On demande une fois, à l'inscription, si elle est au courant. La réponse ne bloque rien et ne juge personne. Elle sert à poser la norme à voix haute, et à savoir combien de couples sont concernés au lieu de le supposer.

5. On ne te dira jamais « c'est le moment »

Aucun conseil conditionné à sa phase fertile. Aucun contenu qui présente son cycle comme un calendrier de disponibilité. Son corps n'est pas un planning.

auklm a un thème sur la sexualité, parce que c'est un sujet dont on parle mal. Il sert à comprendre : que le désir varie, que la contraception y joue, que la douleur et la sécheresse sont physiques, qu'une absence d'envie n'est pas un rejet. Il ne sert jamais à obtenir. La différence est simple : on explique ce qui se passe, on ne donne pas de tactique pour en profiter.

6. Le ressenti prime sur la prédiction

Ce qu'elle dit de son état passe avant ce que notre calcul annonce. Quand l'app et elle ne sont pas d'accord, c'est elle qui a raison, et l'app doit le dire.

Ses check-ins sont déclarés par elle, jamais déduits de son comportement. Et parce qu'une humeur ne tient pas toujours dans un mot, elle a la place d'écrire ce qu'elle veut, avec ses mots, y compris quand ce n'est pas clair pour elle non plus. Ce qu'elle écrit n'est jamais analysé, jamais résumé automatiquement, jamais transformé en donnée.

Tout n'est pas quantifiable, et c'est très bien.

7. Un chiffre sans son contexte est un mensonge

Nos prédictions viennent d'une moyenne sur quelques cycles. Elles se trompent, et on affiche toujours leur niveau de fiabilité. Un cycle n'est pas de 28 jours, c'est une moyenne statistique et pas une norme.

auklm n'est pas un dispositif médical et ne remplace aucun professionnel de santé.

8. Ce qu'on affirme est sourcé

Chaque contenu qui corrige une croyance porte sa source. C'est vérifié automatiquement à chaque mise en ligne, pas promis à l'oral.

9. Le travail invisible doit se voir

Suivre son cycle, expliquer ce qu'on traverse, anticiper, gérer, et le redire tous les mois. C'est un travail, il est presque toujours porté par la même personne, et il ne se voit pas. auklm existe pour en déplacer une partie.

C'est aussi pourquoi noter son cycle pour soi ne coûte rien, et pourquoi la personne qui rejoint sur invitation ne paie rien non plus. Ce qui est payant, c'est le brief quotidien sur le cycle de quelqu'un d'autre, la partie que les autres apps font payer et bâclent. Celle qui fournit la donnée n'a pas en plus à payer pour qu'on l'explique.

10. Ce qu'on sait de nos angles morts

On les écrit plutôt que de les maquiller. Ce ne sont pas des positions, ce sont des états, et on les fera bouger.

La prédiction se trompe pour une partie des gens. Cycles irréguliers, endométriose, SOPK, périménopause, pilule en continu. Dans notre enquête, une personne sur trois avait un diagnostic connu. L'état déclaré passe toujours devant le calcul, mais le calcul reste affiché, et il peut être faux.

Le réglage fin de ce qui est partagé n'existe pas encore. Aujourd'hui c'est le lien ou rien, avec la possibilité de le couper seule à tout moment. Pouvoir ne partager qu'une partie est en travail, et on veut d'abord entendre ce qui rassurerait vraiment avant de le construire.

Les couples où les deux ont un cycle. Ils fonctionnent, chacun voit celui de l'autre. Mais les rappels ne partent que dans un sens : le deuxième cycle se lit dans l'app, il ne fait pas signe.

11. On ne mesure pas notre succès à ton temps d'écran

On compte tes gestes envers l'autre, pas tes ouvertures. Aucune notification n'existe pour te faire revenir, et aucune ne joue sur la culpabilité.

On ne compte plus de série de jours. Ce qu'on compte, ce sont les règles où tu as été là : au moins un geste du brief ou un moment proposé pendant ces jours-là. Un jour sans ouvrir l'app ne casse rien, et le reste du cycle, rien ne te pousse à revenir.

La ligne qu'on tient sur les notifications : une notification déclenchée par un fait, comme un changement de phase, informe. Une notification déclenchée par une absence, comme une série en danger ou un silence de plusieurs jours, sert à nous et pas à vous. On a supprimé les deux qui existaient.

Ce qu'on collecte

Le minimum pour faire fonctionner le service : ton identité, les dates de règles saisies, ce que tu as lu et répondu dans l'app, et ce que l'autre partage si les comptes sont liés.

Ce qu'on ne collecte jamais

  • pas de suivi comportemental fin, ni où tu cliques ni combien de temps tu hésites
  • pas d'analyse du contenu de ce que vous vous écrivez
  • pas de profil publicitaire
  • pas de cookies tiers publicitaires

Ce qu'on ne vendra jamais

Aucune donnée revendue. Ni assureurs, ni courtiers, ni annonceurs, ni laboratoires. Les données de cycle sont parmi les plus convoitées de ce marché, et c'est exactement pour ça que la ligne est écrite noir sur blanc, datée, et qu'aucune version de cette charte ne pourra la retirer.

Le droit au flou

Tu peux utiliser auklm sans tout remplir. Les symptômes, les thèmes, les check-ins sont optionnels, des deux côtés.

Tu peux tout récupérer, tu peux tout effacer

Récupération complète de tes données dans un format ouvert, et suppression définitive. Suppression veut dire suppression : aucune copie marketing, aucun effacement de façade.

Les deux se font depuis ton compte : un fichier à télécharger sur le web, un copier-coller sur téléphone, où l'app n'a pas le droit d'écrire dans tes documents.

Ce que la récupération ne contient pas, et elle le dit elle-même : tes identifiants de connexion, les jetons de notification de tes appareils, et ce que l'autre a écrit de sa main. Ses mots sont à elle, ils sont dans sa récupération à elle.

Où vont tes données

La base qui contient ton compte, tes dates et tes check-ins est stockée en Irlande, chez Turso, donc dans l'Union européenne.

Mais stockée en Irlande ne veut pas dire traitée en Irlande. Le serveur qui lit et écrit cette base tourne chez Netlify, dans l'Ohio. Chaque fois que tu notes une date ou un ressenti, le texte passe par là avant d'être rangé à Dublin. On préfère l'écrire que de laisser croire à une chaîne entièrement européenne.

| qui | où ça se passe | ce qu'il reçoit |

| --- | --- | --- |

| Turso | Irlande | la base : ton compte, tes dates, tes check-ins |

| Netlify | Ohio, États-Unis | les requêtes de l'app, donc tout ce qui entre et sort de la base |

| Resend | États-Unis | ton adresse email et le code de connexion |

| Apple ou Google | États-Unis | le contenu des notifications, et la vérification de l'abonnement |

Le dernier dépend de ton téléphone : sur iPhone c'est Apple, sur Android c'est Google, jamais les deux.

La notification est la donnée la plus sensible qui sorte d'ici, et on le dit. Quand quelqu'un suit ton cycle, le téléphone de cette personne reçoit une notification qui porte ton prénom, où en est ton cycle, et jusqu'à cent vingt caractères de ce que tu as écrit, mot pour mot. C'est ce qui fait que l'app sert à quelque chose : une notification qui ne dit rien ne fait agir personne. Mais ça veut dire que ce texte transite par Apple ou Google avant d'arriver.

Si tu préfères que tes mots ne sortent pas comme ça, tu as deux moyens : ne pas écrire de note, l'humeur seule suffit à l'app, ou couper les notifications depuis les Réglages. Dans les deux cas le reste continue de fonctionner.

Comment on tient ces engagements

Une charte versionnée. Numéro de version et date. On peut l'enrichir, jamais reculer sur un engagement pris.

Validation à quatre. Toute évolution est validée par les quatre personnes qui font auklm. Pas de comité, pas d'intermédiaire : l'engagement est le nôtre, directement.

Tu peux nous signaler un manquement. Écris à contact@auklm.com. On répond sous 30 jours, et la réponse est publiée ici, anonymisée.

Cette charte n'est pas une posture. C'est ce qu'on te doit.

Manquements signalés

Rien à ce jour. Cette section reste, vide ou non.


Journal des versions

1.3, 16 octobre 2026. La charte ne disait pas où vont les données. Elle le dit, avec le pays de chacun : la base est en Irlande, mais le serveur qui la lit et l'écrit tourne dans l'Ohio, et prétendre à une chaîne entièrement européenne aurait été faux. Le dernier service dépend du téléphone, Apple ou Google, jamais les deux. Et elle dit ce que contient une notification, qui porte le prénom, la phase et jusqu'à cent vingt caractères de ce qui a été écrit : c'est la donnée la plus sensible qui sorte d'ici, elle transite par Apple ou Google, et les deux façons de l'éviter sont écrites à côté.

1.2, 14 octobre 2026. La charte parlait d'un homme qui suit et d'une femme qui a ses règles. L'app ne demande plus son genre à personne depuis septembre, et beaucoup commencent par noter pour elles-mêmes avant d'inviter : les deux rôles s'appellent donc par ce qu'ils font. Le principe 4 couvre le cas de celle qui note seule, qui est devenu le plus courant. Le principe 2 dit l'aperçu de ce que l'autre verra, montré avant l'invitation. Le principe 3 ajoute que son journal ne porte ni compteur ni série. Le principe 10 remplace l'angle mort devenu faux, les couples de femmes étant construits, par les trois qui sont réels : la prédiction qui se trompe, le partage encore en tout ou rien, et les rappels qui ne partent que dans un sens chez les couples réciproques. L'équipe est passée à quatre, la validation aussi.

1.1, 28 août 2026. Le thème sexualité entre dans l'app, le principe 5 dit donc explicitement à quoi il sert et à quoi il ne sert pas. Le principe 6 gagne l'espace d'écriture libre pour elle. Le principe 11 nomme la règle qui distingue une notification qui informe d'une notification qui rattrape, après la suppression de la relance déclenchée par son silence. La récupération des données décrit ce qui se passe vraiment sur téléphone.

1.0, 8 août 2026. Première version publiable. Les trois chantiers qui la bloquaient sont faits : la gamification compte les gestes et non les ouvertures, la notification qui servait à sauver le streak est supprimée, la position sur le mode non lié est écrite (principe 4) et appliquée dans l'app, et l'export des données existe.